Rémunération des traducteurs
Les différents modes de rémunération
À l'heure actuelle, en France, plusieurs modes de rémunération coexistent pour les traducteurs littéraires (rémunérés en droits d'auteur) :
- le paiement à la source, c'est-à-dire à partir du volume de texte à traduire, ce paiement pouvant être :
- calculé à partir du nombre de signes informatiques du fichier source — dernier fichier texte de l’auteur avant impression ;
- évalué à partir du livre imprimé ;
- le paiement en langue cible, c'est-à-dire à partir du volume de texte rendu en traduction, paiement pouvant être effectué :
- au nombre de feuillets physiques calibrés à 25 lignes de 60 signes, dits « feuillets papier », que rend le traducteur ;
- au comptage informatique, c'est-à-dire au nombre de signes du texte en traduction, comptés par la machine et divisés en tranches, le plus souvent de 1500 mais parfois de 1000 signes, tranches qui deviennent unités de paiement comme le feuillet papier d’antan.
Signe : lettre, chiffre, ponctuation, espace… tout signe du langage écrit.
Blancs de présentation : débuts et fins de chapitres, lignes creuses des dialogues et fins de paragraphes, lignes sautées, retraits pour citation ou flash-back… Cliquer ici pour plus d'explications.
Taux de foisonnement : pourcentage d’expansion ou de contraction de la traduction par rapport au texte original. Cliquer ici pour plus d'explications.

Certaines constatations s’imposent :
- Le comptage informatique est précis et vérifiable. Un signe est un signe. Un blanc, quelle que soit sa taille, est un signe comme un autre.
- La mesure papier, à la source comme à la cible, comporte une quantité variable de blancs.
Blancs qu’il faut évaluer pour faire une projection lorsqu’on calcule le volume à traduire (et le paiement) à partir de l’ouvrage imprimé.
Blancs rémunérés au prix du texte lorsqu’on est payé au rendu et au feuillet papier.
Blancs dont la proportion variable selon les choix de présentation du traducteur peut donner lieu à des réajustements, causer des conflits au règlement du solde — pourquoi paierait-on au prix du texte 30% de pages blanches ?
- La confusion persistante entre le feuillet papier calibré à 25 lignes de 60 signes environ, dit « feuillet de 1500 signes », et le comptage machine par tranche de 1500 signes informatiques est dommageable, source de malentendus, de conflits qu'un comptage machine aux 1000 signes permettrait d'éviter.
En raison des blancs de présentations, de la police choisie, le feuillet papier calibré à 25 x 60 fait presque toujours moins de 1500 signes. La tranche de 1500 signes machine fait toujours 1500 signes et ne tient pas compte de ces blancs. Les mesures ne sont pas équivalentes, le feuillet est plus léger que la tranche de 1500 signes machine, le prix ne peut donc être le même.

- Le paiement au rendu, en langue cible sur le volume de la traduction terminée, pénalise ceux qui « traduisent court ».
Le même ouvrage traduit par deux personnes ne fera jamais le même nombre de signes, de pages. Dans la mesure où il s’agit du même texte, est-il normal, est-il juste de payer 15 ou 30 unités de plus à celui qui rend la traduction la plus longue ? La longueur d’une traduction est-elle un gage de qualité ?
Dans les deux cas, la réponse est non.
Il apparaît donc plus juste, plus légitime, de baser la rémunération sur le volume à traduire quand c’est possible, c'est-à-dire sur le texte source qui, lui, est immuable. Cette solution présente l’avantage, pour l’éditeur comme pour le traducteur, de mettre un prix définitif sur la traduction de l’ouvrage à la signature du contrat, prix sur lequel on ne reviendra pas quelle que soit la longueur de la traduction rendue.
Pour compliquer les choses, certaines traductions payées en droits d’auteur (livres pratiques, littérature jeunesse…) sont rémunérées au forfait, avec ou sans pourcentage sur les ventes selon les contrats, ou encore à un tarif Y au mot source.
Tout deviendrait simple avec une table des équivalences permettant au traducteur polyvalent de comparer les tarifs de ces divers modes de rémunération. Ce pour être en mesure de négocier, pour ne pas travailler à perte.
D’où l’idée de ce document de synthèse avec des modules de calcul couvrant tous les cas de figure. Le site permet en outre d’évaluer les variables souvent très personnelles que sont :
- le taux de foisonnement ;
- le taux de blancs de présentation, qui différencie le nombre de feuillets papier calibrés à 25 x 60, dits « feuillets de 1500 signes », et le comptage informatique par tranche de 1500 signes effectifs, qui ne tient compte que des blancs entre les mots.