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Foisonnement en signes ou en mots
Foisonnement (signes et mots) et longueur des mots
Sommaire de la page
Taux de foisonnement |
Longueur des mots |
Quel tableau utiliser ? |
Quel rapport entre le taux de foisonnement et la conversion de tarifs ? |
Quel rapport entre la longueur des mots et la conversion de tarifs ?
Le taux de foisonnement correspond à la différence de longueur entre le texte en langue originale (langue source) et sa traduction (langue cible).
Foisonnement en signes et foisonnement en mots peuvent être très différents pour un même couple de langues : par exemple, une traduction française peut compter environ 15% de signes de plus que le texte original en anglais, alors que le foisonnement en mots ne dépasse pas 6 ou 7% ; pour le finnois, une même traduction française peut foisonner d'environ 20% si l'on se fie au nombre de signes, et d'environ 80% si l'on se fie au nombre de mots. Il ne s'agit que d'exemples, pas de moyennes à prendre comme références. Chacun doit calculer son taux de foisonnement en fonction du type de textes qu'il traduit, car le foisonnement n'est souvent pas le même non plus selon que l'on traduit des textes techniques, des essais ou de la fiction.
Un troisième facteur intervient, lorsque l'on veut convertir un tarif au mot en tarif aux 1 000 ou 1 500 signes : la longueur moyenne des mots en langue source ou en langue cible. Pour l'anglais ou le français, par exemple, on considère généralement qu'un mot fait en moyenne 6 signes. Les conversions de tarifs, dans chacune de ces deux langues, sont donc basées sur l'équivalence : 1 500 signes = 250 mots. Mais ce couple de langues (anglais, français) représente un cas particulier. Les traducteurs travaillant avec d'autres langues devront prendre en considération la différence de longueur des mots dans leurs deux langues de travail pour pouvoir convertir un tarif au mot en tarif aux 1 000 ou 1 500 signes, et réciproquement. Par exemple, les mots sont en moyenne beaucoup plus longs qu'en français dans des langues agglutinantes comme le finnois (où la moyenne semble s'établir à 8,5 signes par mot), dans des langues riches en mots composés comme l'allemand (où la moyenne serait de 8,9 signes par mot), et dans bien d'autres encore.
On trouve sur Internet un certain nombre de sites indiquant la longueur moyenne des mots dans différentes langues, mais il s'agit le plus souvent de sites consacrés à la traduction technique. Si vous êtes traducteur d'édition, et particulièrement si vous êtes traducteur d'une langue peu traduite en France, vous aurez donc intérêt à calculer vous-même la longueur moyenne des mots dans votre langue source en vous basant sur des textes littéraires (qu'il s'agisse des textes que vous avez traduits ou de romans, pièces de théâtre, etc., disponibles sur Internet).
Deux tableaux vous permettront de calculer les chiffres dont vous avez besoin pour la conversion de tarifs :
Un exemple pour mieux comprendre l'importance du taux de foisonnement dans la conversion de tarifs.
Si un texte en anglais compte 150 000 signes, et sa traduction en français, 165 000 signes, le taux de foisonnement en signes (de la langue source vers la langue cible) est de 10%. Ce taux varie selon les couples de langues, la nature du texte, le style de l'auteur et celui du traducteur.
Au niveau des tarifs, ce taux de foisonnement entre en jeu lorsque l'on convertit un tarif aux 1 000 ou 1 500 signes (ou au feuillet) en langue cible, en tarif aux 1 000 ou 1 500 signes en langue source, et inversement. Reprenons l'exemple ci-dessus. Si le tarif, basé sur un comptage informatique en langue cible, est de 22 euros les 1 500 signes français, la rémunération totale de la traduction est de 2 420 euros pour 165 000 signes [165 000 / 1 500 = 110 ; 110 x 22 = 2 420]. Pour savoir quel tarif demander en langue source afin d'obtenir la même rémunération finale, on ajoute le taux de foisonnement au tarif en langue cible ; il faut donc demander 24,20 € (22 + 10%) les 1 500 signes informatiques en langue source pour obtenir également 2 420 euros au total. Vérification : 150 000 (longueur du texte source) / 1 500 = 100 ; 100 x 24,20 = 2 420.
Autre exemple : imaginons qu'un traducteur doit établir un devis pour la traduction d'un texte finnois de 20 000 mots. Il a l'habitude de demander 21 centimes du mot source, mais son client préfère un tarif au mot français. À 0,21 € le mot finnois, la rémunération de la traduction s'élève à 4 200 €. Le traducteur estime que le foisonnement médian en mots, pour la traduction finnois > français, est de 60%. La traduction comptera donc 60% de mots en plus, soit environ 32 000 mots français. Il doit donc demander environ 60% moins cher au mot français pour obtenir la même rémunération totale. Le calcul correspondant est le suivant : 0,21 € / (1 + 0,6) = 0,13 € (très exactement : 0,1312 €). Ou encore : 0,21 € / 1,6 = 0,13 €. (Pour ceux qui seraient fâchés avec les pourcentages, 0,6 est une autre façon de noter 60%.) Vérification : 32 000 (nombre de mots de la traduction) x 0,1312 € = 4 198,40 €.
Reprenons le second exemple donné ci-dessus, concernant une traduction finnois > français. Le cas est cette fois-ci inverse : un traducteur doit établir un devis pour la traduction de 20 124 mots finnois. Il a l'habitude de demander 32,50 € les 1 500 signes cible (français), mais son client préfère un tarif au mot source (finnois). Puisque l'on compte 6 signes par mot français, soit 250 mots pour 1 500 signes, son tarif habituel au mot français est donc de 13 centimes : 32,50 € / 250 = 0,13 €. Sachant que le taux de foisonnement en mots, du finnois au français, est de l'ordre de 60% en moyenne, il va demander environ 60% de plus au mot finnois, c'est-à-dire 0,21 € du mot finnois. Vérification : 20 124 mots finnois donnent environ 60% de mots de plus en français, soit 32 198 mots français. La rémunération totale serait de 4 186 € si le traducteur demandait 0,13 € du mot français (32 198 mots français x 0,13 € = 4 185,75 €). En demandant 0,21 € du mot finnois, il touchera 4 226 € (20 124 mots finnois x 0,21 € : 4 226,04 €).
Si ce même traducteur voulait se baser sur son estimation du nombre de signes de la traduction pour convertir son tarif, il ferait le calcul suivant : on compte en moyenne 8,5 signes par mot finnois ; le texte original fait donc environ 171 054 signes finnois (20 124 mots x 8,5 signes). Il sait que son foisonnement moyen en signes, pour ce type de texte, est de 14% ; il peut donc s'attendre à obtenir environ 195 000 signes en français (171 054 + 14% ; ou 171 054 x 1,14). À 32,50 € les 1 500 signes français, la rémunération totale s'élèverait donc à 4 225 € (195 000 / 1 500 = 130 ; 130 x 32,50 € = 4 225 €). Pour obtenir la même rémunération en annonçant un tarif au mot source, le traducteur doit donc demander 0,21 € du mot finnois (4 225 € / 20 124 mots finnois = 0,2099 € le mot finnois).